Construire le plan de sauvegarde informatique de son entreprise

Un plan de sauvegarde informatique décrit ce que l'entreprise sauvegarde, à quel rythme, combien de temps elle conserve les copies, où elles se trouvent et comment on vérifie qu'elles se restaurent. Il transforme un geste technique, brancher un disque ou programmer une tâche, en une organisation qui tient même quand la personne qui l'a mise en place n'est pas là. On parle aussi de plan de sauvegarde des données, ou de plan de sauvegarde et de restauration des données quand on veut rappeler qu'une copie ne vaut que si l'on peut la remettre en place. Sa construction suit quelques étapes simples : recenser les données, fixer la fréquence et la durée de conservation, appliquer la règle du 3-2-1, surveiller, tester, puis écrire la procédure.

Pourquoi un plan, et pas seulement un disque

La sauvegarde qu'on croyait avoir

Dans beaucoup de PME, la sauvegarde se résume à un disque externe branché au serveur, installé un jour par un salarié parti depuis, ou par l'ancien prestataire. Personne ne sait exactement ce qu'il contient, ni de quand date la dernière copie réussie. Le jour où le serveur ne redémarre plus, l'entreprise découvre que la messagerie n'était pas sauvegardée, que le logiciel de comptabilité rangeait ses données ailleurs, ou que la tâche s'est arrêtée trois mois plus tôt, quand le disque s'est rempli. Le matériel n'était pas en cause : c'est le plan qui manquait.

Ce que le plan apporte

Un plan de sauvegarde répond à l'avance aux questions qu'on se pose en plein sinistre. Quelles données faut-il récupérer en premier, jusqu'à quelle date peut-on remonter, combien de temps prendra la restauration, et qui sait la lancer ? Il fixe aussi deux objectifs : la quantité de travail que l'entreprise accepte de perdre (le RPO) et la durée d'arrêt qu'elle peut supporter (le RTO). Ces choix guident ensuite la technique, qu'il s'agisse d'une copie sur un NAS dans les locaux ou d'une sauvegarde externalisée hors des murs.

Recenser ce qui doit être sauvegardé

Les données, où qu'elles soient

Le recensement commence par une question simple : où se trouvent les données de l'entreprise ? La réponse est rarement unique. Il y a le serveur de fichiers et ses dossiers partagés, les bases du logiciel de comptabilité, de paie ou de gestion commerciale, les documents enregistrés sur le bureau de certains postes, et une part croissante de données dans le cloud, à commencer par la messagerie et les fichiers de Microsoft 365. Ces dernières sont souvent oubliées, alors que Microsoft ne conserve les éléments supprimés que pendant une durée limitée : il faut donc sauvegarder Microsoft 365 comme le reste.

Classer selon l'importance

Toutes les données n'ont pas la même valeur. La base comptable et les plans d'un bureau d'études ne peuvent pas être perdus, alors que les fichiers d'installation d'un logiciel se retéléchargent en quelques clics. Pour chaque ensemble, on note ce qu'il contient, où il se trouve, qui en est responsable et combien de temps l'entreprise peut s'en passer. Ce classement évite deux erreurs coûteuses : oublier une donnée critique, ou payer pour conserver chaque jour des fichiers sans valeur.

Plan de sauvegarde informatique : quoi, quand et où sauvegarder

Fréquence, rétention et emplacement

À quel rythme, pour combien de temps

La fréquence découle d'une question : combien de travail l'entreprise accepte-t-elle de refaire ? Beaucoup de PME retiennent une sauvegarde quotidienne des serveurs, des dossiers partagés et de la messagerie, ce qui limite la perte à une journée de travail au plus ; les données qui changent beaucoup dans la journée justifient des copies plus rapprochées. La rétention, c'est-à-dire la durée pendant laquelle on garde chaque copie, compte tout autant. Un historique court rattrape l'erreur de la veille ; il faut plusieurs semaines, voire plusieurs mois de copies pour remonter avant un fichier corrompu ou une infection que personne n'a remarqués à temps. Le choix entre sauvegarde complète, incrémentielle ou différentielle vient ensuite, selon l'espace disponible et le temps de restauration visé.

La règle du 3-2-1

Pour l'emplacement, la règle du 3-2-1 sert de repère : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une conservée hors des locaux. Chaque copie a son rôle : celle qui reste sur place, sur un NAS ou un disque, rend vite un document, sans passer par internet ; celle qui part ailleurs prend le relais quand un incendie, un cambriolage ou un rançongiciel a emporté le serveur et la sauvegarde posée à côté. Elle doit être isolée du réseau de l'entreprise, faute de quoi une attaque qui se propage d'un poste à l'autre peut la chiffrer à son tour.

Surveiller et tester la restauration

Savoir qu'une sauvegarde a échoué

Une sauvegarde peut s'arrêter sans prévenir personne : le mot de passe du compte qui l'exécute a changé, un nouveau dossier a été créé hors du périmètre prévu, l'abonnement au stockage distant a expiré. Rien ne casse, si bien que personne ne s'en aperçoit, jusqu'au jour où la dernière copie utilisable se révèle bien plus ancienne qu'on ne le pensait. Le plan prévoit donc une surveillance : chaque sauvegarde produit un compte rendu, et un échec déclenche une alerte que quelqu'un lit et traite. Un courriel d'échec qui arrive dans la boîte d'un salarié parti depuis un an ne protège de rien.

Restaurer pour de vrai

Une sauvegarde qui n'a jamais été restaurée reste une hypothèse. D'où des essais réguliers, inscrits dans le plan : récupérer un fichier, une boîte aux lettres, puis, plus rarement, un serveur entier sur une machine de test. Ces essais vérifient que les données reviennent complètes et utilisables, et donnent une idée réaliste du temps nécessaire. Ce sont eux qui font du document un plan de restauration autant que de sauvegarde, et non une simple liste de copies. La durée mesurée alimente ensuite le plan de reprise d'activité, qui décrit comment l'entreprise redémarre après un sinistre majeur.

La règle du 3-2-1 : trois copies, deux supports, une copie hors site

Écrire la procédure et la tenir à jour

Une procédure qu'un autre peut suivre

La procédure de sauvegarde met le plan par écrit. Elle indique ce qui est sauvegardé, à quelle heure, vers quel emplacement et pour combien de temps, ainsi que la marche à suivre pour restaurer chaque type de donnée et les personnes à prévenir. Elle doit être lisible par quelqu'un qui ne l'a pas rédigée, et conservée hors du serveur qu'elle décrit, sinon elle disparaît avec lui. Elle se révise à chaque changement : un nouveau logiciel métier, un serveur remplacé, un service qui passe dans le cloud. Une procédure vieille de trois ans décrit souvent une installation qui n'existe plus.

Notre façon de faire chez KERIONIS

Nous définissons avec vous ce qui doit être protégé en priorité, puis nous mettons en place des sauvegardes quotidiennes et automatiques. Elles reposent essentiellement sur RG System, avec des copies hébergées en France ; pour les données de santé, nous proposons N-able, qui conserve ses copies chez un hébergeur certifié HDS. Votre propre stockage, NAS ou disque externe, peut garder sa place pour la copie locale. Nous suivons chaque sauvegarde, nous sommes alertés en cas d'échec et nous testons régulièrement la restauration.

Mettre une copie à l'abri hors de vos murs

Une copie chaque jour, hébergée en France, et des restaurations testées.
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Questions fréquentes : Plan de sauvegarde informatique

Qu'est-ce qu'un plan de sauvegarde informatique ?

C'est le document qui décrit ce que l'entreprise sauvegarde, à quel rythme, combien de temps elle conserve les copies, où elles se trouvent et comment on vérifie qu'elles se restaurent. Il comprend aussi la procédure de restauration et les personnes à prévenir, pour que la sauvegarde ne dépende pas de la mémoire d'une seule personne.

À quelle fréquence sauvegarder ses données ?

La fréquence dépend de la quantité de travail que l'entreprise accepte de perdre. Une sauvegarde quotidienne des serveurs, des dossiers partagés et de la messagerie limite la perte à une journée de travail au plus, ce qui convient à beaucoup de PME ; les données qui changent beaucoup dans la journée justifient des copies plus rapprochées.

Qu'est-ce que la règle du 3-2-1 ?

La règle du 3-2-1 recommande de conserver trois copies des données, sur deux supports différents, dont une hors des locaux. La copie locale permet de récupérer vite un fichier, tandis que la copie externalisée sert à repartir après un incendie, un vol ou un rançongiciel.