Onduleur informatique : protéger serveurs et réseau des coupures
Un onduleur informatique, ou alimentation sans interruption, prend le relais du réseau électrique quand le courant se coupe. Pour un serveur, un NAS ou une baie réseau, il sert à passer les coupures brèves sans que rien ne redémarre, puis, si la coupure dure, à laisser le temps d'arrêter proprement les machines. Il se choisit selon sa technologie (off-line, line-interactive ou on-line) et se dimensionne avec une marge sur la puissance des équipements. Ses batteries s'usent en quelques années : sans surveillance, l'onduleur risque de lâcher le jour où l'on en a besoin.
Des serveurs qui s'arrêtent proprement
Nous vous aidons à choisir l'onduleur, configurons l'arrêt automatique des serveurs et surveillons les batteries.
Pour les PME et les collectivités de Bretagne et de Loire-Atlantique.
À quoi sert un onduleur informatique ?
Passer la coupure ou arrêter proprement
« Onduleur » désigne ici une alimentation sans interruption, à ne pas confondre avec l'onduleur des panneaux photovoltaïques. Placé entre la prise et les équipements, il les alimente sur batterie dès que le courant manque. Son rôle, côté serveurs, n'est pas de permettre de travailler pendant une longue panne : il passe les coupures brèves, puis laisse le temps d'éteindre proprement les machines si la coupure se prolonge. Sans lui, une coupure d'une seconde suffit à éteindre brutalement le serveur de fichiers et à faire redémarrer les switchs : tout le bureau perd le réseau le temps qu'ils repartent. Comme pour le reste de l'infrastructure informatique, son choix dépend des machines qu'il protège et du local qui l'accueille.
Ce que disent Enedis et la CNIL
Les coupures ne sont pas rares. D'après les données ouvertes d'Enedis pour 2025, un client raccordé en basse tension à son réseau a connu en moyenne un peu plus d'une coupure brève (d'une seconde à trois minutes) et environ 62 minutes de coupures longues, travaux compris, hors événements exceptionnels. Un serveur allumé en permanence et branché directement sur le secteur subirait donc, en moyenne, plus d'un arrêt brutal par an. Dans son guide de la sécurité des données personnelles, la CNIL recommande un onduleur pour protéger le matériel des traitements essentiels, et met en garde contre un onduleur sous-dimensionné ou dont on néglige l'entretien. L'onduleur ne remplace pas pour autant un plan de sauvegarde informatique.
Off-line, line-interactive ou on-line
Trois technologies, trois classes
La norme internationale IEC 62040-3 classe notamment les onduleurs selon la dépendance de leur sortie au réseau électrique ; le livre blanc n° 1 de Schneider Electric, fabricant d'onduleurs, situe dans ce classement les technologies décrites ci-dessous. L'off-line, ou « standby », laisse passer le courant du réseau (classe VFD) et ne met son convertisseur en marche qu'à la coupure, en basculant sur batterie en une dizaine de millisecondes. Le line-interactive garde son convertisseur connecté en permanence et corrige les baisses de tension sans puiser dans la batterie (classe VI), mais il bascule lui aussi en une dizaine de millisecondes. L'on-line à double conversion redresse puis reconstitue le courant en permanence : il n'a aucun temps de bascule et, classé VFI, régule à la fois la tension et la fréquence.
Lequel pour quel équipement ?
Selon le même livre blanc, l'off-line protège en général un poste isolé et la double conversion est la plus répandue au-delà de 10 kVA ; le line-interactive, qui domine entre 0,5 et 5 kVA, protège un petit nombre de serveurs importants. C'est le profil d'une petite baie qui réunit un serveur, un NAS et des switchs. La double conversion se justifie plutôt quand le courant du site est perturbé, car elle seule traite l'ensemble des perturbations, des coupures aux variations de fréquence. Beaucoup d'onduleurs on-line proposent toutefois un mode « haut rendement » qui fait retomber leur sortie dans la classe d'un off-line (VFD). Enfin, un onduleur ne dispense pas d'un parafoudre : selon Schneider Electric, qui en fabrique, la norme d'installation électrique NF C 15-100 l'impose notamment en présence d'équipements informatiques sensibles.
Dimensionner un onduleur
VA, watts et marge de sécurité
La puissance d'un onduleur s'affiche en voltampères (VA), la puissance apparente, et en watts (W), la puissance active, réellement consommée par les équipements. La valeur en watts est au plus égale à celle en VA : leur rapport est le facteur de puissance. Un modèle de 1 000 VA ne fournit donc pas forcément 1 000 W. On additionne la consommation des équipements à protéger (serveur, NAS, switchs, pare-feu) et l'on vérifie que le total reste sous les deux valeurs de la fiche technique de l'onduleur. Schneider Electric conseille de ne pas charger un onduleur au-delà de 80 % de sa capacité nominale, car une charge élevée réduit l'autonomie et la durée de vie des batteries. Cette marge laisse aussi la place d'un switch ajouté plus tard.
Autonomie et format rack
L'autonomie se calcule sur le temps qu'il faut pour éteindre proprement tous les serveurs. Un serveur de fichiers et un NAS qui s'arrêtent en quelques minutes n'ont pas besoin d'une heure de batterie. Les durées annoncées baissent en revanche quand la charge monte : on retient celle qui correspond à la consommation réelle. Dans une baie de brassage, on prend l'onduleur au format rack 19 pouces, et sa hauteur se compte en unités U de 44,45 mm, comme celle des switchs. Pendant une coupure, rappelle le livre blanc n° 68 de Schneider Electric, les équipements secourus continuent de chauffer : le refroidissement du local doit tenir lui aussi.
Arrêt automatique, batteries et supervision
L'arrêt propre des serveurs et du NAS
Un onduleur qui tient dix minutes ne sert pas à grand-chose si personne n'éteint le serveur avant la fin de la batterie. Relié au serveur ou équipé d'une carte réseau, il signale son passage sur batterie, et un logiciel installé sur les machines déclenche leur arrêt. La documentation du logiciel libre Network UPS Tools décrit ce fonctionnement : quand l'onduleur est sur batterie et que celle-ci faiblit, la machine qui lui est reliée attend que les autres aient lancé leur arrêt avant de s'éteindre à son tour. La carte réseau permet aussi de superviser l'onduleur à distance, par le protocole SNMP. Reste à tester le scénario, car un NAS ajouté après coup est vite oublié dans la configuration.
Des batteries qui s'usent
Selon Schneider Electric, la plupart des batteries au plomb de ses onduleurs durent 3 à 5 ans entre 20 et 25 °C, et chaque hausse d'environ 8 °C divise leur durée de vie par deux. Or la température à l'intérieur de l'onduleur dépasse toujours celle du local. Un onduleur glissé au fond d'un placard sans aération use ses batteries bien avant l'heure, et l'on s'en aperçoit le jour de la coupure. Surveiller leur état fait partie de la maintenance du réseau. Depuis le 18 août 2025, la collecte et le traitement de toutes les batteries usagées, y compris industrielles, sont assurés sans frais pour le détenteur, notamment par les éco-organismes agréés Ecosystem et Batribox.
Onduleurs : notre façon de faire
Du choix de l'onduleur au suivi des batteries
Chez KERIONIS, nous installons des onduleurs et des protections électriques pour les serveurs, et nous vous aidons à choisir l'onduleur adapté à votre site. Nous configurons l'arrêt automatique des serveurs, pour qu'une coupure prolongée se termine par une extinction propre plutôt que par un arrêt brutal. Nous supervisons aussi l'état des batteries. Une batterie qui faiblit est ainsi repérée avant de lâcher, et l'on peut prévoir son remplacement.
Le matériel sur notre boutique
Notre boutique en ligne propose des onduleurs et des bandeaux de prises, pour équiper un local technique, compléter une baie ou remplacer un appareil en fin de vie. Avant de commander, relevez la consommation réelle des équipements à protéger et le temps que prend leur arrêt. Ce sont ces deux chiffres, plus que la puissance mise en avant sur la fiche produit, qui permettent de choisir le bon modèle.
Protéger vos serveurs et votre réseau
Nous concevons aussi votre réseau, vos serveurs et la baie qui les accueille.
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Questions fréquentes : Onduleur informatique
À quoi sert un onduleur informatique ?
Il alimente sur batterie les serveurs, le NAS et les équipements réseau pendant une coupure de courant. Il permet de passer les coupures brèves sans redémarrage et, si la coupure se prolonge, d'arrêter proprement les machines. La CNIL recommande d'en utiliser un pour le matériel des traitements essentiels.
Quelle différence entre un onduleur off-line et on-line ?
L'off-line laisse passer le courant du réseau et ne bascule sur batterie qu'à la coupure, en une dizaine de millisecondes. L'on-line à double conversion recrée le courant en permanence : il n'a pas de temps de bascule et régule à la fois la tension et la fréquence. Le line-interactive, entre les deux, corrige les baisses de tension sans passer sur batterie.
Comment dimensionner un onduleur ?
On additionne la consommation des équipements à protéger et l'on garde une marge : Schneider Electric conseille de ne pas charger un onduleur au-delà de 80 % de sa capacité nominale. L'autonomie se calcule ensuite sur le temps nécessaire pour arrêter proprement les serveurs.
Combien de temps dure une batterie d'onduleur ?
Selon Schneider Electric, la plupart des batteries au plomb de ses onduleurs durent 3 à 5 ans entre 20 et 25 °C. Chaque hausse d'environ 8 °C divise leur durée de vie par deux, d'où l'intérêt d'un local tempéré et d'une surveillance de leur état.