Switch réseau : à quoi il sert, manageable ou non, et le PoE

Un switch réseau, ou commutateur, relie les postes, les imprimantes, les bornes Wi-Fi et les serveurs d'un même réseau local : il apprend derrière quel port se trouve chaque appareil et ne transmet les données qu'à leur destinataire. Un modèle non manageable se branche et fonctionne ; un modèle manageable permet de découper le réseau en VLAN, de contrôler les prises et de surveiller les ports. Un switch PoE alimente en plus, par le câble, les points d'accès, les téléphones IP ou les caméras, dans la limite d'un budget total de puissance à calculer avant l'achat.

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À quoi sert un switch réseau ?

Envoyer les données au bon port

Le switch construit seul sa table d'adresses : à chaque trame de données reçue, il note l'adresse MAC de l'appareil expéditeur, le VLAN et le port d'arrivée, explique la documentation de Cisco. Tant qu'il ne connaît pas la destination, il diffuse la trame sur tous les ports du même VLAN, sauf celui d'arrivée ; une fois le port du destinataire appris, les trames suivantes ne partent plus que vers lui. Quand le service comptable lance une impression, les données vont donc à l'imprimante et nulle part ailleurs. Les entrées inutilisées s'effacent d'elles-mêmes après un délai réglable.

Switch ou routeur : deux rôles

Le routeur joue un autre rôle : placé à un nœud du réseau, il détermine le chemin de chaque paquet, selon la définition de FranceTerme. Dans une PME, c'est lui, souvent intégré à la box, qui fait passer le trafic entre le réseau local et internet, tandis que le switch distribue les échanges à l'intérieur. L'ANSSI distingue les switchs de desserte, reliés aux prises des postes, ceux de distribution, qui les regroupent, et ceux de cœur de réseau, où se branchent les serveurs. Dans une petite structure équipée d'un ou deux switchs, ceux-ci cumulent tous ces rôles, au centre de l'infrastructure réseau. Quand les ports de la box ne suffisent plus, c'est un switch qu'il faut ajouter, pas un second routeur.

Switch non manageable ou manageable

Trois familles de switchs

Le fabricant Cisco distingue trois familles. Le modèle non manageable assure une connectivité de base, sans aucun réglage : on le branche et il fonctionne. Le switch intelligent, ou « smart », offre une partie des fonctions de gestion et de sécurité ; le switch manageable donne un contrôle complet, à distance et sur mesure, au prix d'une mise en place plus exigeante. La frontière varie d'une marque à l'autre : chez Zyxel, un modèle « smart managed » pour PME gère déjà les VLAN, la qualité de service et un routage statique de niveau 3, qui fait passer le trafic d'un VLAN à l'autre. Le switch non manageable dépanne pour ajouter quelques prises près d'un copieur, mais il ne sait ni séparer les réseaux ni contrôler les appareils qui s'y branchent.

Les fonctions utiles en PME

La première est le VLAN, défini par la norme IEEE 802.1Q : un même switch porte plusieurs réseaux logiques séparés, par exemple les postes, la téléphonie et le Wi-Fi des invités. L'ANSSI recommande ce cloisonnement, avec des zones filtrées par un pare-feu. L'agrégation de liens (IEEE 802.1AX) réunit plusieurs câbles entre deux switchs pour gagner en débit et en redondance. Vient ensuite la protection contre les boucles et contre les tempêtes de trames, avec des seuils adaptés. La surveillance des ports passe enfin par le protocole SNMP, que l'ANSSI recommande en version 3, avec authentification et chiffrement, et jamais en écriture.

Switch réseau et PoE : switch manageable, VLAN et budget PoE à calculer avant l'achat

Le switch PoE : alimenter par le câble réseau

Normes, classes et puissances

Le PoE, pour Power over Ethernet, fait passer le courant par le câble réseau : la borne Wi-Fi, le téléphone IP ou la caméra n'ont plus besoin de prise électrique. D'après l'Ethernet Alliance, un port 802.3af fournit 15,4 W, dont 13 W restent disponibles pour l'appareil. En 802.3at, dit PoE+, il fournit 30 W et l'appareil dispose de 25,5 W. Le 802.3bt, dit PoE++, passe par les quatre paires du câble et monte jusqu'à 90 W côté switch, pour environ 71 W côté appareil. Chaque appareil annonce une classe, de 1 à 8, et le switch lui réserve la puissance correspondante, par exemple 7 W pour la classe 2 et 30 W pour la classe 4 chez Cisco.

Le budget PoE, vrai critère de choix

Le nombre de ports PoE ne dit pas tout : c'est le budget total qui compte. Zyxel annonce ainsi un switch dont huit ports peuvent fournir 60 W chacun, mais 375 W au total, quand huit appareils à 60 W en demanderaient 480. Chez Cisco, en mode automatique, une fois le budget épuisé, le port d'un nouvel appareil reste simplement éteint. Un mode statique réserve à l'avance la puissance d'un port critique, celui d'une borne Wi-Fi ou d'un téléphone. Un switch PoE chargé consomme aussi beaucoup plus : le modèle Zyxel cité annonce 493 W au maximum, contre 44,3 W pour sa version sans PoE, ce qui compte pour l'onduleur et la ventilation d'une baie de brassage fermée.

Ports, débits, sécurité et durée de vie

Ports, débits et liaisons montantes

Les normes à 2,5 et 5 Gbit/s (IEEE 802.3bz) ont été conçues pour les points d'accès Wi-Fi récents, sur un câblage existant de catégorie 5e ou mieux. Encore faut-il que le switch suive les bornes qu'il dessert. Les liaisons montantes, vers un autre switch ou le pare-feu, demandent davantage de débit. Chez Zyxel, une gamme pour PME associe ainsi, selon le modèle, 8 à 10 ports cuivre, jusqu'à 10 Gbit/s, à deux cages SFP+ à 10 Gbit/s, qui accueillent notamment un module fibre pour rejoindre un étage ou un bâtiment éloigné.

Sécurité et fin de support

Dans sa note sur la sécurisation des commutateurs, l'ANSSI recommande de désactiver les ports inutilisés, de supprimer les comptes par défaut et de ne gérer le switch qu'en SSH, depuis un réseau d'administration séparé, jamais en Telnet. Elle conseille aussi de contrôler les prises par 802.1X, qui n'accepte que les équipements reconnus, en commençant par les prises en accès libre, comme celles d'une salle de réunion. Elle demande même de désactiver l'interface web, objectif hors de portée des switchs qui ne se gèrent pas autrement : on n'ouvre alors cet accès qu'en HTTPS, depuis le réseau d'administration. Un switch ne reçoit pas de correctifs indéfiniment : une fois sa fin de vie atteinte, le fabricant n'en publie plus aucun. Le règlement européen sur la cyberrésilience, applicable à partir du 11 décembre 2027, imposera aux fabricants au moins cinq ans de mises à jour de sécurité, sauf durée d'usage prévue plus courte. Suivre les dates de fin de support, comme le conseille l'ANSSI, fait partie de la maintenance du réseau informatique.

Switch PoE qui alimente par le câble réseau une borne Wi-Fi, un téléphone IP et une caméra, dans la limite d'un budget PoE total partagé entre les ports

Switchs : notre façon de faire

Des switchs administrés à distance

Chez KERIONIS, nous posons surtout des switchs Zyxel et Ubiquiti, et nous vous aidons à les dimensionner selon les ports, les débits et la puissance PoE dont votre site a besoin. Côté Zyxel, nous retenons des modèles manageables, administrés à distance depuis la console Nebula, avec les bornes Wi-Fi et le pare-feu. Nous découpons le réseau en VLAN selon vos usages, un point que nous vérifions aussi lors de nos audits réseau. Le câblage et la baie que nous installons sont documentés et testés avant la mise en service.

Le matériel sur notre boutique

Notre boutique en ligne propose des switchs et du matériel PoE. Avant de choisir, additionnez la puissance réservée pour chaque appareil à alimenter, comparez le total au budget du switch et gardez une marge pour les ajouts. Pour un réseau complet, mieux vaut partir du plan des locaux et du nombre de prises à desservir.

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Questions fréquentes : Switch réseau et PoE

À quoi sert un switch réseau ?

Un switch relie les postes, les imprimantes, les bornes Wi-Fi et les serveurs d'un même réseau local. Il apprend derrière quel port se trouve chaque appareil et ne transmet les données qu'à leur destinataire, alors que le routeur fait passer le trafic d'un réseau à un autre, par exemple vers internet.

Quelle différence entre un switch manageable et non manageable ?

Un switch non manageable se branche et fonctionne, sans réglage possible. Un switch manageable permet de découper le réseau en VLAN, de contrôler les prises par 802.1X, de surveiller les ports et de l'administrer à distance. Entre les deux, les switchs dits intelligents offrent une partie de ces fonctions.

Qu'est-ce qu'un switch PoE ?

C'est un switch qui alimente les appareils par le câble réseau, ce qui évite de poser une prise électrique près des bornes Wi-Fi, des téléphones IP ou des caméras. Les puissances annoncées, de 15,4 à 90 W par port, s'entendent côté switch : l'appareil en reçoit moins.

Comment calculer le budget PoE d'un switch ?

On additionne la puissance que le switch réservera à chaque appareil, selon sa classe, et l'on compare le total au budget annoncé par le fabricant, en gardant une marge. Avec les valeurs de Cisco, huit téléphones en classe 2 et quatre bornes Wi-Fi en classe 4 demandent 56 W et 120 W, soit 176 W.