Serveur local, cloud privé ou public : comment choisir ?

Un serveur local vous appartient et tourne dans vos murs ; le cloud public partage des ressources entre de nombreux clients ; le cloud privé les réserve à une seule organisation, chez elle ou chez un prestataire. Le choix se fait service par service : une messagerie déjà dans Microsoft 365, un serveur de fichiers vieillissant et un logiciel métier installé au bureau n'appellent pas la même réponse. On pèse le coût sur la durée, la dépendance au lien internet, la sensibilité des données et la possibilité de revenir en arrière.

Serveur local, cloud ou les deux

Nous déployons des serveurs sur site comme des services cloud, selon vos applications et vos contraintes.
Pour les PME et les collectivités de Bretagne et de Loire-Atlantique.

Serveur local, cloud public, privé ou hybride

Quatre façons d'héberger un service

Le serveur local, « on premise » dans le jargon, est la machine que l'entreprise achète et installe dans ses locaux. Le cloud computing, que le Journal officiel recommande depuis 2010 d'appeler « informatique en nuage », est défini par le NIST, l'institut américain des normes et de la technologie, comme un accès à la demande, par le réseau, à des ressources informatiques partagées. Le cloud public les mutualise entre de nombreux clients ; le cloud privé est réservé à une seule organisation, dans ses locaux ou ailleurs, et géré par elle ou par un prestataire. Le cloud hybride, pour le NIST, relie au moins deux clouds distincts ; dans l'usage courant, repris par l'ANSSI et retenu ici, il associe serveurs locaux et services cloud.

SaaS, PaaS, IaaS : ce que l'on loue

En SaaS, on utilise le logiciel du fournisseur sans s'occuper des serveurs : l'ANSSI cite l'exemple de Microsoft 365. En IaaS, on loue calcul, stockage et réseau en gardant la main sur les systèmes, ce qui demande des compétences, note l'Arcep ; le PaaS, entre les deux, sert à déployer ses propres applications. Prenons une PME de quinze personnes dont la messagerie est déjà dans Microsoft 365, mais dont les dossiers et le logiciel de gestion sont restés sur un serveur de sept ans. Ses fichiers peuvent rejoindre l'espace documentaire SharePoint ; le logiciel, passer à la version en ligne de son éditeur ou rester sur un serveur. Le vieux serveur disparaît alors ou ne garde que le logiciel, et l'infrastructure IT dépend davantage du lien internet.

Ce que change le passage au cloud

Un abonnement à la place d'un achat

Selon les chiffres 2025 de l'Insee et d'Eurostat, 40 % des entreprises françaises de dix personnes ou plus utilisaient des services de cloud payants, contre 53 % en moyenne dans l'Union européenne. Pour elles, le premier changement tient à la façon de payer. Un serveur local s'achète : un investissement réglé au départ et amorti sur plusieurs années, auquel s'ajoutent administration, maintenance et remplacement. Le cloud se paie par abonnement ou à l'usage, mais l'Arcep met en garde contre des coûts difficiles à anticiper, des effets de dépendance et des migrations longues, donc coûteuses. La comparaison se fait sur une même durée : abonnements et migration d'un côté, achat et entretien du serveur de l'autre.

Le lien internet devient vital

Avec le cloud, tout passe par la connexion : sans elle, prévient l'ANSSI, on ne peut plus travailler avec les outils concernés. Le jour où un chantier coupe la fibre, une agence dont le logiciel de gestion est en ligne ne peut plus rien saisir, alors qu'un serveur sur place aurait continué de répondre. D'où l'intérêt d'une connexion internet d'entreprise doublée d'un lien de secours. En contrepartie, les services cloud offrent souvent une réplication géographique qui, selon l'Arcep, les rend plus résistants à un sinistre sur un site.

Serveur local ou cloud : coût sur la durée, sécurité, souveraineté et réversibilité pour choisir dans une PME

Sécurité, données et souveraineté

Une sécurité qui reste partagée

Passer au cloud ne transfère pas toute la sécurité au fournisseur : l'ANSSI décrit une responsabilité partagée où, en SaaS, le fournisseur gère tout jusqu'à l'application, mais le client reste responsable de ses données et de ses utilisateurs. L'agence relève que les intrusions dans le cloud passent souvent par des mots de passe faibles, des accès sans authentification multifacteur ou des droits trop larges. Pour un serveur local, la CNIL demande d'installer sans délai les mises à jour critiques et de réserver l'administration aux personnes habilitées. Ni l'un ni l'autre n'est sûr par nature.

Où sont les données, et sous quel droit

Pour la CNIL, un cloud doit apporter des garanties sur la localisation des données et sur les transferts hors de l'Union européenne. La décision d'adéquation du 10 juillet 2023, qui permet les transferts vers les entreprises américaines inscrites au cadre de protection des données UE-États-Unis, reste en vigueur, mais un pourvoi la conteste devant la Cour de justice de l'Union. Héberger en Europe ne suffit pas toujours : selon l'Arcep, des lois extraterritoriales comme le CLOUD Act américain permettent à des autorités étrangères d'accéder aux données de certains fournisseurs. La qualification SecNumCloud de l'ANSSI atteste un haut niveau de protection face à ces lois ; exigée de l'État pour ses données les plus sensibles, elle reste pour une PME un choix à mettre en balance avec son coût, selon l'agence. Confiées à un tiers, les données de santé imposent en outre un hébergeur certifié HDS et un stockage dans l'Union ou l'Espace économique européen, comme l'explique le guide sur l'hébergement des données de santé.

Changer d'avis : la réversibilité

Quitter un fournisseur cloud

Un contrat cloud se juge aussi à sa porte de sortie. Le règlement européen sur les données, applicable depuis le 12 septembre 2025, oblige les fournisseurs à faciliter le départ d'un client : préavis de deux mois au plus, données récupérables pendant au moins trente jours. Jusqu'au 12 janvier 2027, des frais de changement restent possibles, limités aux coûts directement liés à l'opération, comme le prévoit aussi la loi SREN ; ensuite, ils disparaissent, sauf pour les services conçus sur mesure. Les pénalités de résiliation anticipée, elles, ne sont pas des frais de changement : le règlement ne les supprime pas. L'Arcep conseille de prévoir dès la signature un plan de réversibilité précisant les formats et le coût de récupération des données.

Garder son serveur : prévoir la suite

Rester sur un serveur local suppose de suivre sa fin de vie. Selon le calendrier de Microsoft, le support étendu de Windows Server 2016, qui apporte les correctifs de sécurité, prend fin le 12 janvier 2027. La CNIL met en garde contre l'usage d'un serveur obsolète dont le remplacement n'est pas prévu. Pour un serveur de fichiers resté sous cette version, l'échéance devient le moment de trancher : le remplacer, migrer vers le cloud ou combiner les deux, un choix qui relève de la gestion du parc informatique.

Serveur local, cloud public ou cloud privé : le serveur dans la baie de l'entreprise, le cloud public partagé entre clients, le cloud privé réservé à une organisation, reliés en cloud hybride

Serveur et cloud : notre façon de faire

Partir de vos applications

Chez KERIONIS, nous proposons des serveurs locaux comme des services cloud, et nous partons de vos applications pour décider de ce qui reste au bureau. Sur place, nous déployons des serveurs physiques ou virtualisés et des NAS professionnels. Partenaire officiel Microsoft, nous choisissons avec vous les licences Microsoft 365, transférons la messagerie et administrons comptes, accès et double authentification. Nous pouvons ainsi migrer un serveur de fichiers vieillissant vers SharePoint, tandis que le logiciel métier garde son serveur au bureau.

Des sauvegardes hors du serveur

Où qu'il soit, un serveur a besoin d'une copie de ses données sur un site distinct, comme le recommande la CNIL. Notre sauvegarde externalisée, quotidienne et automatique, repose sur RG System, avec des copies hébergées en France. Pour les données de santé, nous utilisons N-able, dont les copies sont conservées chez un hébergeur certifié HDS. Une copie peut aussi rester sur votre propre stockage, un NAS par exemple, et nous testons régulièrement les restaurations.

Choisir ce qui reste au bureau

Serveurs physiques ou virtualisés, Microsoft 365, migration vers SharePoint et sauvegardes externalisées.
Voyez notre offre d'infrastructure informatique.

Questions fréquentes : Cloud privé ou serveur local

Qu'est-ce qu'un cloud privé ?

Selon le NIST, c'est une infrastructure réservée à une seule organisation, dans ses locaux ou chez un tiers, gérée par elle ou par un prestataire. Le cloud interne de l'État, avec les offres Pi et Nubo des ministères de l'Intérieur et des Finances, en est un exemple. Un cloud privé suppose aussi le libre-service et l'ajustement rapide des ressources : un simple serveur virtualisé au bureau relève donc plutôt de l'informatique sur site.

Serveur local ou cloud : lequel est le plus sûr ?

Aucun ne l'est par nature. Dans le cloud, l'entreprise reste responsable de ses données, de ses comptes et de ses réglages, rappellent l'ANSSI et la CNIL ; sur un serveur local, elle gère en plus les mises à jour et la sécurité physique. Tout dépend de la façon dont chacun est administré.

Qu'est-ce que le cloud hybride ?

Pour le NIST, le cloud hybride relie au moins deux clouds distincts, par exemple un cloud privé et un cloud public. Dans l'usage courant, il désigne aussi l'association de serveurs locaux et de services cloud, comme un logiciel métier gardé au bureau et une messagerie dans Microsoft 365.

Peut-on revenir d'un cloud vers un serveur local ?

Oui, si l'on récupère ses données dans un format exploitable. Le règlement européen sur les données oblige les fournisseurs à faciliter le départ et à laisser les données récupérables au moins trente jours ; l'Arcep conseille de prévoir la réversibilité dès la signature. Reste à préparer le serveur qui reprendra les données, et à vérifier que le logiciel utilisé en ligne existe aussi en version installable.