Serveur NAS : ce qu'il fait, et ce qu'il ne remplace pas

Un serveur NAS est un boîtier de stockage branché au réseau de l'entreprise, qui partage des dossiers entre les postes avec des droits par utilisateur. Dans une PME, il tient souvent lieu de serveur de fichiers et sert de cible aux sauvegardes des postes. Monté en RAID, il résiste à la panne d'un disque, mais pas à une suppression, à un vol, à un incendie ni à un rançongiciel : il ne dispense ni d'une copie hors ligne ni d'une copie hors du bureau. Bien choisi, tenu à jour et jamais exposé directement sur Internet, il remplit très bien ces deux rôles.

Un NAS installé et sauvegardé

Installation de NAS et sauvegarde quotidienne, avec une copie externalisée en France.
Restaurations testées régulièrement.

Un NAS, c'est quoi exactement ?

Un stockage partagé sur le réseau

NAS signifie Network Attached Storage, stockage relié au réseau. L'association professionnelle du stockage, la SNIA, le définit comme un dispositif qui donne aux postes accès à des fichiers à travers le réseau. C'est un boîtier qui contient plusieurs disques et fait tourner un système d'exploitation propre au constructeur, administré depuis un navigateur. Les postes y accèdent comme à un lecteur réseau, et chaque dossier partagé reçoit ses droits par utilisateur ou par groupe : la comptabilité ne voit pas les dossiers des ressources humaines. Le NAS offre souvent un accès à distance, à manier avec précaution.

NAS, serveur de fichiers ou cloud

Pour les utilisateurs, un NAS et un serveur de fichiers Windows rendent le même service : des partages sur le réseau, accessibles par le protocole SMB. La différence tient à l'appareil, un boîtier dédié au stockage d'un côté, un serveur généraliste qui peut cumuler d'autres rôles de l'autre. Face au cloud, le NAS garde les données au bureau : les gros fichiers circulent vite sur le réseau local, et le travail continue quand la connexion Internet tombe. En contrepartie, l'entreprise porte seule la sécurité, l'entretien et le remplacement du matériel. Ce choix se fait service par service, comme l'explique notre guide serveur local ou cloud.

Ce qu'un NAS apporte à une PME

Dossiers partagés et gros fichiers

L'usage le plus courant reste le partage des fichiers de l'équipe : devis, dossiers clients, procédures, modèles de documents. Un cabinet d'architectes ou un bureau d'études y range des plans et des photos trop lourds pour circuler confortablement par Internet. Les archives y trouvent aussi leur place, à l'abri du renouvellement des postes, pourvu qu'elles soient sauvegardées. Beaucoup de NAS prennent en plus des instantanés, des photographies régulières des dossiers : un utilisateur qui a écrasé un fichier peut retrouver lui-même la version de la veille, s'il avait le droit de lecture à ce moment-là.

Une cible pour les sauvegardes des postes

Le NAS sert souvent de destination aux sauvegardes des ordinateurs et des serveurs du bureau. L'ANSSI cite les disques réseau, NAS compris, parmi les supports de sauvegarde « en ligne », appréciés pour leur fluidité. La copie passe par le réseau, sans brancher de disque, et l'on restaure un fichier sans aller chercher de support. Cette facilité a son revers, que l'ANSSI souligne aussitôt : une sauvegarde connectée au réseau reste à portée d'un attaquant, qui peut la voler ou la chiffrer. Elle se complète donc par une copie hors ligne et par une sauvegarde externalisée.

Serveur NAS en entreprise : dossiers partagés entre les postes, RAID contre la panne d'un disque et règle du 3-2-1 pour les sauvegardes

Un NAS n'est pas une sauvegarde

Ce que protège le RAID, et ce qu'il ignore

Le RAID répartit les données sur plusieurs disques pour que le NAS continue de fonctionner quand l'un d'eux tombe en panne. La CNIL le définit ainsi : il prévient la perte de données consécutive à la panne d'un des supports. Rien de plus. Il répercute aussitôt sur tous les disques ce que l'on modifie, y compris une suppression par erreur ou des fichiers chiffrés par un rançongiciel, et il ne protège ni du vol ni de l'incendie. Dès qu'un disque lâche, et jusqu'à la fin de la reconstruction, la protection baisse : avec un RAID 5, une seconde panne fait alors tout perdre, et une étude sur de grands parcs a montré que les pannes de disques ont tendance à se suivre. Les instantanés aident contre l'erreur ou le chiffrement, et une version immuable ne peut pas être effacée pendant sa période de protection ; mais ils restent sur les mêmes disques et disparaissent avec le NAS.

La règle du 3-2-1, avec une copie hors ligne

L'ANSSI recommande la règle du 3-2-1 : trois exemplaires des données (la production et deux sauvegardes), sur deux supports différents, dont un hors ligne, c'est-à-dire déconnecté du réseau. La CNIL demande en plus qu'au moins une sauvegarde se trouve sur un site géographiquement distinct. Hors ligne et hors site sont deux exigences différentes : un disque externe rangé dans un tiroir du bureau est hors ligne, mais il brûle avec le NAS. Une PME combine donc le NAS pour les restaurations rapides, une copie déconnectée contre le rançongiciel et une copie externalisée contre le sinistre ; notre guide du plan de sauvegarde informatique aide à organiser l'ensemble. Une sauvegarde ne vaut que si l'on a vérifié qu'elle se restaure.

Bien choisir son NAS

Baies, RAID et place pour grandir

Le nombre de baies fixe les niveaux de RAID possibles : deux disques pour un miroir (RAID 1), trois au minimum pour un RAID 5, quatre pour un RAID 6 ou un RAID 10. Le RAID 1 et le RAID 5 tolèrent la panne d'un disque, le RAID 6 celle de deux, au prix d'une capacité utile réduite d'autant. Mieux vaut garder des baies libres : selon le type de RAID, on agrandit l'espace en ajoutant des disques ou en les remplaçant par de plus grands. Le réseau, lui, plafonne la vitesse des transferts de gros fichiers. La garantie du boîtier et des disques compte aussi, même si elle ne dit rien de leur durée de vie.

Des disques prévus pour tourner sans arrêt

Les constructeurs de disques distinguent les gammes pour ordinateur de bureau, prévues pour quelques heures par jour, des gammes pour NAS, faites pour tourner en permanence dans un boîtier à plusieurs baies. Les fiches d'un même constructeur annoncent ainsi 2 400 heures de fonctionnement par an pour l'une, contre 8 760 pour l'autre, avec une charge de travail annuelle plus élevée et une garantie plus longue. Avant l'achat, on vérifie que les disques figurent sur la liste de compatibilité du constructeur du NAS : certains limitent leur assistance aux disques listés. Un onduleur informatique complète l'installation, car il laisse au NAS le temps d'enregistrer ses données et de s'arrêter proprement lors d'une coupure de courant.

Serveur NAS au centre du réseau : les postes y enregistrent leurs dossiers partagés et leurs sauvegardes, le RAID couvre la panne d'un disque, une copie hors ligne et une copie externalisée hors du bureau le complètent

Sécuriser et entretenir un NAS

Jamais d'administration ouverte sur Internet

Des rançongiciels ont visé des NAS exposés sur Internet ou faiblement protégés, et le CERT-FR publie régulièrement des avis de vulnérabilité touchant plusieurs constructeurs. Cybermalveillance.gouv.fr, relayant une alerte de l'ANSSI, rappelle qu'un serveur de stockage ne devrait pas être accessible librement sur Internet : l'accès à distance passe par un VPN, avec un filtrage par le pare-feu. Les constructeurs vont dans le même sens : aucun port d'administration redirigé sur la box, ouverture automatique (UPnP) désactivée. On active ensuite la double authentification, on désactive le compte administrateur par défaut et l'on applique les mises à jour du système et des applications dès leur sortie. La surveillance de l'état des disques donne souvent l'alerte avant une panne, mais pas toujours : une étude de Google sur un grand parc a montré que plus d'un tiers des disques tombés en panne n'avaient émis aucun signal préalable.

Serveur NAS : notre façon de faire

Chez KERIONIS, nous installons des NAS en entreprise. Les modèles que nous proposons sont dans notre boutique, rubrique Stockage. Nous sauvegardons les NAS que nous installons, et les sauvegardes que nous mettons en place peuvent aussi utiliser votre NAS, en plus de la copie externalisée hébergée en France. Elles sont quotidiennes et automatiques, et nous testons régulièrement les restaurations. La sauvegarde est comprise dans les packs Sécurité et Sérénité, en option dans le Pack Essentiel, ou vendue seule.

Sauvegarder au-delà du NAS

Une copie quotidienne de vos données, hébergée en France, hors de vos locaux.
Voyez notre offre de sauvegarde externalisée.

Questions fréquentes : Serveur NAS en entreprise

C'est quoi un serveur NAS ?

Un serveur NAS est un boîtier de stockage relié au réseau, qui partage des dossiers entre les postes de l'entreprise avec des droits par utilisateur. Il contient plusieurs disques, souvent montés en RAID, et s'administre depuis un navigateur.

Un NAS suffit-il pour sauvegarder ses données ?

Non. Le RAID protège de la panne d'un disque, pas d'une suppression, d'un vol, d'un incendie ni d'un rançongiciel, et un NAS connecté au réseau reste exposé. L'ANSSI recommande la règle du 3-2-1 : trois exemplaires des données, sur deux supports différents, dont un hors ligne.

NAS ou cloud, que choisir ?

Le NAS garde les données au bureau : les gros fichiers circulent vite sur le réseau local et le travail continue sans Internet, mais l'entreprise porte seule la sécurité et l'entretien du matériel. Le choix se fait service par service, et les deux se combinent souvent.

Quels disques mettre dans un NAS ?

Des disques de gamme NAS, prévus pour tourner en permanence dans un boîtier à plusieurs baies, avec une charge de travail annuelle plus élevée que les disques de bureau. Avant l'achat, on vérifie qu'ils figurent sur la liste de compatibilité du constructeur du NAS.